Prophète

le

Dans le nom de « prophète »,

j’entends la texture du chant

de celui qui sent s’échapper de ses

poumons les murmures tendres

de son enfance :

« Tu seras fou.

« Tu aimeras sans raison.

« Tu tendras la main pour un baiser.

« Tu oublieras ton nom.

Dans le nom de « prophète »,

je prévois les constellations maudites

d’eaux salines sur les draps

d’un lit déserté.

« Tu t’effaceras.

Dans le nom de « prophète »,

je pressens la solitude heureuse,

le dégoût d’être,

la joie d’élever l’Autre

au rang de titan.

« Tu les porteras tous. »

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