C.Q.F.D. – Chapitre 1 – 1.5 Indécise

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[Tu fous quoi ? J’me prépare là…] 20:47 Faustine à Camille

Elle lâche un « Putain… » dans un soupir en jetant son téléphone sur le clic-clac. L’heure tourne. Elle fonce dans la salle-de-bain et fouille au hasard dans sa penderie. Elle réfléchit et gesticule à voix haute : « Jupe ? Hors de question. Du noir ? Non, du vert… ou plutôt du rouge… Pff… »

Elle se retourne, face au lavabo et au miroir : « Ma pauv’ fille, un p’tit ravalement d’façade s’impose… Bon et cette tenue ? » Elle allume la radio ; elle pense qu’un peu de musique l’inspirera. Elle ouvre le tiroir d’une commode, prend un tube rouge et blanc : « Nia nia nia… gommage express… éclaircissant… blablabla… nourrissant… bla… Très bien. » Elle se tartine le visage d’une crème épaisse avec un large pinceau qu’elle nettoie aussitôt. Ça sèche. Elle frotte. Elle rince. Elle se sèche le visage et fait volte-face à la vitesse de la lumière : « Va pour une robe… Donc on a dit… pas de noir… bof, le vert, au final… » De cintre en cintre, elle se promène et tombe sur celle qui, du pareil au même, sera du plus bel effet.

– Très bon choix.

– Aaaaah ! Tu m’as fait peur ducon !

– Oui… ou alors ‘bonsoir’…

– Ou alors ‘excuse-moi de t’avoir fait peur’…

Camille pose une main sur ses hanches, l’autre dans le creux de ses reins. Il la tire vers lui en lui faisant faire un demi-tour et la serre dans ses bras.

– T’en as mis du temps.

– Pourtant j’ai finis à l’heure… T’es jamais contente.

– Tu m’as surprise, j’ai tous les droits.

– Surprise ? Tu n’as plus peur ?

– Non.

Elle sourit en coin et baisse la tête.

– Tu veux prendre une douche ?

– Oh non. Pas la force.

Il l’embrasse et part s’asseoir dans le salon. Elle, appuyée contre la porte : « J’enfile ça et j’suis prête alors.

– Tu n’m’en veux pas si j’regarde ?

– …

Elle lui tourne le dos et se déshabille. Quelques secondes plus tard, Camille, dans toute sa virilité, assis les jambes écartées, se redresse, les coudes sur les genoux, les yeux grands ouverts : « Sublime.

– Oh ça va hein… Fais pas semblant.

Il se lève et la rejoint : « Et toi arrête de faire ta pétasse. J’ai dit ‘sublime’, non ? Je l’pense. » Il passe la main dans ses cheveux et l’embrasse en slow-motion le long de la nuque.

– Arrête, on a pas l’temps.

– Mais si…

– Hmm…

– J’t’aime Faustine.

Puis ils se savourent.

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