Où que j’aille, dès lors que je me présente, ton essence s’empare de mon cœur, étreint au creux de ta paume invisible. T’es là, quoi qu’il advienne, à chaque nouvelle rencontre. Plus fidèle que ma chienne. Plus excitée qu’un électron d’hydrogène. Plus vivante que ton passé à mes côtés. Je t’aime seule, à tous les temps, entière, reconstituée malgré la rouille métallique de tes joues contre le rail de ton départ maladroit.
Où que j’aille, dès lors que je n’y suis plus, tu restes imprimée sur ma peau comme la digitale de tes doigts boudinés. Ma Coralie, si tu savais… tous les chemins parcourus… l’enfant perdu… toutes les nuits sans ta poitrine froide contre mes omoplates vrillées et mes bras tendus vers le vide de ta traînée de poussière d’étoile.
Flamboyante,
belle,
endormie,
en colère,
éclatée,
à jamais mienne.
Endors-toi.
En dehors de
moi.
